Acasnap #1

En Juin 2006, le chercheur américain Henry Jenkins lançait son blog “Confessions of an Aca-Fan”. 10 ans plus tard, les théories jenkinsiennes de la participation des usagers, de la culture de la convergence ou du transmedia ont largement été diffusées et ont infusé à une plus large échelle auprès des professionnels et des praticiens. Le blog est dans cette optique le prisme privilégié d’un soi académique (Aca), au plus proche de ses sujets de recherche (Fan).

Juin 2006-Février 2016 : il serait fastidieux de lister dans ce billet les mutations des technologies, dispositifs, pratiques et usages qui ont eu lieu pendant cet intervalle. Néanmoins, en tant que jeune chercheur (apprenti ou padawan de la recherche universitaire), je ne peux que m’interroger sur les outils qui sont actuellement à ma disposition pour mener à bien une recherche doctorale : étude des traces numériques, big corpus, big data, digital humanities, plateformes, smartphone, tablette, ordinateur, questionnaires administrés en ligne, ethnographie numérique,…

Louvre-Lens - Acasnap
Louvre-Lens - Acasnap

A l’heure de la donnée et de ses agrégations possibles, de la théorie au terrain, en passant par les dispositifs et les méthodes, comment s’y retrouver et avancer sur sa thèse ?

Ni tout à fait chercheur, ni tout à fait étudiant, je me suis longuement renseigné sur les moyens de documenter une thèse : journal de recherche, auto-analyse (de préférence sur un divan), notamment. Je me suis également interrogé sur les moyens d’hybrider plusieurs de mes centres d’intérêts : le mobile, la photographie, les plateformes, les arts. Puis j’ai regardé les outils à disposition sur son smartphone : capture d’écran, prise de notes, capteur photographique, géolocalisation, les applications et notamment celles de messagerie et numérico-sociales. Certes, la mèche est vendue depuis que le titre de ce billet est apparu sur vos écrans : Acasnap. Aca, ressemblance non voulue avec un célèbre rituel de l’équipe néo-zélandaise de rugby, mais surtout comme academics et académique. Snap comme la plateforme Snapchat, mais aussi pour tout ce que le mot comporte en symboles dans son champ lexical : l’instantané, la facilité, à la hâte, céder, casser, parler à quelqu’un d’un ton sec.

Acasnap#1 - Sébastien Appiotti
Acasnap#1 - Sébastien Appiotti

Capturer sa thèse à la manière d’un journal visuel de recherche, qu’est-ce donc ? Détourner une application de ses usages premiers, hybrider pratiques photographiques et recherches académiques, opérer une médiation a posteriori avec ses recherches en cours, être au plus proche de son objet de recherche.

Ni vraiment série à intentionnalité esthétique, ni vraiment auto-documentation du soi, Acasnap s’inscrit dans le paradigme de la recherche-création. Comment ces deux pôles, interagissent l’un sur l’autre ? Faut-il intégrer ces traces au corpus d’une recherche doctorale en cours ? Très modestement, nous pouvons déjà nous contenter de déformer le réel avec les filtres Snapchat, de détourner les modélisations de pratiques imposées par la plateforme, et de s’extasier devant un programme de colloque où chaque lettre aura été remplacée par un emoji. Pour esquisser une autre relation à soi en situation de recherche, une autre relation de sa recherche dans les sphères publiques et numériques.

Pour suivre les délires académiques de l’Acasnap : s.appiotti sur Snapchat 😉

Acasnap#1 - Sébastien Appiotti
Acasnap#1 - Sébastien Appiotti
Acasnap#1 - Sébastien Appiotti
Acasnap#1 - Sébastien Appiotti
Acasnap#1 - Sébastien Appiotti
Acasnap#1 - Sébastien Appiotti